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Chaussage et développement du pied

Le chaussage de l’enfant

J’ai récemment reçu un message au sujet du chaussage des jeunes enfants qui résument bien les interrogations de nombreux parents ; voici quelques éléments de réponse.

 » Quotidiennement, nous voyons des questions de parents sur la santé des pieds, et des conseils médicaux contradictoires.

Certains enfants très jeunes se voient prescrire des semelles orthopédiques ou conseiller des chaussures avec renfort de voûte plantaire car ils auraient les pieds plats. Ou des chaussures à tige rigide car les chevilles sont affaissées.

Et souvent, ils leurs disent aussi parallèlement de s’exercer pieds nus… pour éviter les pieds plats, la meilleure solution n’est-elle pas de muscler les arches plantaires ? les semelles orthopédiques, renforts de voûte plantaire et maintiens des chevilles n’empêchent-ils pas justement de bien se muscler ?

Dans quelles situations réellement s’inquiéter ? à partir de quel âge ?

et surtout, vers quel professionnel de santé orienter ces parents ? »

Les semelles orthopédiques

Chez l’enfant sain (sans pathologie, notamment neurologique), avant 5-6 ans les semelles orthopédiques n’ont aucun intérêt et ne doivent pas être utilisées.

Elles ont pour fonction de compenser un pied qui s’écroule de manière à réaxer l’ensemble du membre inférieur et notamment le genou.

Or avant cet âge le pied est encore en formation, il faut donc laisser une chance au corps de se réaxer seul !

 

Les chaussures rigides

Chez l’enfant sain le chaussage a une fonction de protection du pied, et non pas de maintien de la cheville ou du pied : c’est la notion à retenir.

Mettre des chaussures rigides à un enfant revient à faire marcher un adulte avec des chaussures de ski : c’est inconfortable et réduit l’équilibre !

Attention : cela ne concerne que les enfants sains. Il arrive de proposer à un enfant porteur de pathologie neurologique des chaussures orthopédiques relativement tôt.

 

Le premier chaussage

Chausser un nourrisson qui ne se met pas de debout (avant 10 mois généralement) n’a aucun intérêt qu’esthétique. Il est alors primordial de respecter le confort du nourrisson, et ne pas contraindre ses pieds.

Chausson souple

Un nourrisson qui commence à découvrir la marche (12-18 mois environ), peut tout à fait le faire pieds nus – c’est même préférable – ou avec de petits chaussons en cuir souple, en cas detempératures basses, ou par-dessus un pyjama avec pieds intégrés par exemple, pour éviter de glisser. Cela lui permet de passer plus facilement du sol à la position debout car le pied frotte moins par terre.

Chaussure souple

Lorsqu’il commence à marcher en extérieur, des chaussures légères à semelle semi-rigide sont tout à fait indiquées.

Inutile de maintenir la cheville en revanche !

 

Le développement des pieds

En parallèle de ce chaussage progressif, il est tout à fait pertinent de proposer à l’enfant des expériences sensorielles les plus variées possibles, pieds et jambes nues (en body dans l’idéal) :

  • Toucher/marcher sur différentes textures : carrelage, parquet, dans l’herbe, le sable
  • peinture avec les pieds
  • plonger les pieds dans des bacs de graines, de pâtes etc.
  • faire rouler des balles à picots sur la peau…

Ces stimulations sensorielles variées lui permettront de mieux découvrir son schéma corporel, et de développer sa motricité, qui apparait et s’enrichit en réponse aux expériences sensorielles vécues.

Le pied et plus globalement tout le membre inférieur va bouger, et donc se muscler.

Si l’enfant passe par les étapes du développement moteur progressivement, il va se trouver peu à peu en charge, ses articulations auront donc le temps de s’adapter à l’augmentation du poids qui s’applique dessus.

La situation est plus problématique lorsque l’enfant se trouve soudainement en charge sur toutes les articulations en même temps, comme avec l’utilisation d’un Youpala, ou si les parents positionnent l’enfant debout par eux-même. Il est primordial de laisser l’enfant se mettre debout seul (principe de la motricité libre).

 

En cas d’anomalie

Chez un enfant de plus de 5 ans (révolu), si le pied s’écroule, il sera nécessaire de faire un bilan neuromoteur (chez un kinésithérapeute orienté pédiatrie), afin d’évaluer le développement sensorimoteur, l’état orthopédique, et les éventuelles compensations à apporter.

Avant 5 ans, il convient de ne pas s’inquiéter outre-mesure d’une posture ponctuellement peu stable ou inhabituelle : l’enfant se stabilise peu à peu, au gré de ses expérimentations. Une atypie asymétrique et/ou persistante dans le temps peut tout de même inciter à une consultation.

Une consultation de chirurgie orthopédique pédiatrique peut être complémentaire.

 

 

Pour en savoir plus :

« Pour l’enfant, être pieds nus est la meilleure option », Sciences et Avenir

« Pourquoi les enfants devraient marcher pieds nus (et vous aussi) »